(Re)découvrez : Stevie Wonder chante « Ain’t no sunshine » pour Bill Withers

C’était en 2015 au Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland, Stevie Wonder interprète « Ain’t no sunshine » pour Bill Withers

Bill Withers a écrit et enregistré des chansons qui ont marqué les esprits dont certaines reprises par les plus grands artistes, parmi ces hymnes soul on retrouve Lean on Me et Ain’t No Sunshine.

Ain’t No Sunshine sort en 1971 sur le premier album de Bill Withers, Just As I Am. La chanson en tant que single atteint la 8e place des charts R&B et la 3e place des charts POP U.S.

Le titre est classé 280e dans la liste des 500 plus grandes chansons de tous les temps établie par le magazine Rolling Stone en 2003. Il fait également partie des chansons les plus diffusées sur les radios britanniques.

MAZE featuring Frankie Beverly

Avec un savant mélange entre soul de Philadelphie et influences de Marvin Gaye, Maze et son leader charismatique Frankie Beverly (fondateur, producteur et compositeur) a marqué la fin des années 70 et le début des 80’s. Maze n’a jamais enregistré un hit planétaire grand public mais le groupe était très populaire dans le public funk / soul. Six ou sept disques d’or à leur actif.

Frankie Beverly, Howard de son vrai prénom, était né en 1946 à Philadelphie, haut lieu de la soul. Il prend le prénom Frankie pour rendre hommage à “Frankie Lymon & the teenagers” (groupe de doo-wop majeur). Les influences gospel de Beverly sont essentielles dans son parcours et sa musique. Mais il choisit le R&B pour se faire connaître. Logique à cette époque. A l’âge de douze ans, il devient membre d’un groupe de Philadelphie, “The Silhouettes”. Au début des années 60, il fonde “The Blenders”, groupe de doo-wop / soul éphémère. En 1963, il a 17 ans lorsqu’il forme “The Butlers” davantage orienté soul. Ce groupe connaîtra un succès national aux Etats-Unis avec quelques singles à succès comme “The Sun’s Message” ou “She Tried To Kiss Me”. Les “Butlers” enregistrent sur le label “Gamble”, propriété du légendaire producteur et compositeur Kenny Gamble. La formation de Maze a lieu en 1970, d’abord sous le nom “Raw Soul”. Mais, bien qu’originaire de Philadelphie, Beverly ne se sent pas proche de la soul de cette ville. Sa musique est plus proche de celle de Marvin Gaye ou de Linda Creed. Il décide donc de s’installer à San Francisco en 1971. Marvin Gaye C’est à San Francisco que Marvin Gaye découvre “Raw Soul”. Impressionné par la voix de Beverly, il lui donne un coup de main. Grâce à Marvin, “Raw Soul” signe un contrat avec la maison de disque “Capitol” en 1976. Mais Marvin Gaye insiste pour que le nom du groupe ne soit plus “Raw Soul”. Il n’aime pas ce nom. Maze est né. Dès le premier album éponyme, trois succès single (“Happy Feelings”, “While I’m Alone”, “Lady Of Magic”) et le groupe fidélise rapidement un large public. Beverly devient vite pour Maze ce que George Clinton est pour “Parliament / Funkadelic”. Il en est l’âme, le pilier qui donne la direction à suivre malgré de nombreux changements internes. En 1978, le deuxième album (“Golden Time Of Day”) est album d’or. Il en sera de même pour “Inspiration” en 1979 et surtout pour “Joy and Pain” en 1980. Ce dernier étant l’album majeur de leur carrière, un classique. A cette époque, Maze a la réputation d’avoir l’un des plus beau show scénique. Le “live in New Orleans” puis le “live in Los Angeles” en rendront bien compte. Ces deux albums se vendront des années durant.

L’histoire de la façon dont Eric Benet et Faith Evans ont créé la chanson à succès « Georgy Porgy »

 

 

Une chose qui m’a beaucoup impressionné dans le dernier album d’Eric Benet « Lost in Time », c’est le nombre de superbes duos qu’il a inclus là-dedans à une époque où les duos en r&b sont rares. Bien sûr, Eric est connu pour certains de ses duos intemporels au fil des ans, le plus mémorable étant peut-être son mariage de base « Spend My Life With You » avec Tamia. Une autre collaboration très mémorable a été son premier duo avec Faith Evans sur « Georgy Porgy » (Ils se sont également réunis sur « Feel Good » l’année dernière de l’album d’Eric). Ce qui est le plus intéressant dans cette histoire, c’est à quel point les deux artistes étaient amoureux l’un de l’autre et le niveau de respect qui existait avant de travailler ensemble. Nous avons eu la chance de parler avec eux tous les deux de la chanson, et d’abord voici ce qu’Eric avait à dire dans une interview que nous avons faite avec lui l’année dernière :

Eric Benet : Eh bien, la première fois que j’ai travaillé avec Faith, c’était une expérience tellement agréable parce que j’ai toujours été un grand fan de Faith et je pense qu’elle est juste une chanteuse incroyable. Donc, quand j’étais en studio en train de faire « Georgy Porgy », j’ai été un peu frappé par la star en entrant, mais il s’est avéré qu’elle était une personne si douce et humble. La chanson a eu beaucoup de succès pour nous deux et je pense qu’au fil des ans, j’ai juste attendu la bonne chanson pour qu’elle et moi nous entendions à nouveau. Quand mon cousin et moi avons écrit pour la première fois cette chanson « Feel Good », j’ai immédiatement pensé que Faith sonnerait dingue là-dessus.

De plus, Faith avait ceci à ajouter à propos de l’expérience dans une interview que nous avons faite avec elle précédemment :

Faith Evans : C’est aussi l’une de mes préférées ! Je viens de faire une chanson avec lui pour son album [« Lost in Time »] aussi. Il m’a appelé son dernier album, et je pense que j’étais enceinte ou c’était quelque chose de bizarre où c’était une période folle et je ne pouvais pas y arriver à temps. C’est comme mon garçon, j’ai l’impression qu’il est mon frère depuis la première fois qu’il est venu, je pense que c’était avant Motown Live qui à l’époque il s’est assis pendant toute la répétition pendant deux heures à m’attendre. Et je ne l’avais jamais rencontré, je savais qui il était, et il a dit « J’ai besoin que tu fasses cette chanson avec moi. » Et je pense que nous sommes allés au studio le même jour. *Rires* J’ai juste été honoré du genre : « Vraiment ? Tu m’aimes?? » *Rires* Et j’adore cette chanson.

Lillo Thomas

Il décide de se lancer sérieusement dans la musique et part en tournée avec Eddie Murphy en 1985. Il devient un vocaliste de studios très recherché. Il enregistre avec Evelyn King, Kashif, James Ingram, George Benson et Melba Moore, entre autres. Pour cette dernière, il écrit la chanson “Mind Up Tonight”.

Mais Lillo Thomas a marqué les esprits en solo. Sa voix unique, immédiatement identifiable (source d’inspiration pour Rahsaan Patterson), ses instrus funk, techniques et mélodiques, conçus pour les discothèques, ses ballades romantiques et la présence de Paul Laurence et Timmy Allen à la production en font un artiste à part dans le paysage funk des années 80. Trois albums seulement entre 1983 et 1987 mais trois albums emblématiques du funk “post-disco” à New-York avec un style précurseur. Un chef de file de la “nouvelle école” de la “grosse pomme” suivi par Freddie Jackson, Melba Moore et Evelyn King. Enfin, Lillo Thomas incarne aussi le style Paul Laurence et l’écurie “Hush / Orpheus” des frères Huggins. Sa musique était un parfait équilibre entre acoustique et nouvelles technologies. Le point culminant de son parcours : 1987 et les titres “Sexy Girl” et “I’m In Love”.

Ensuite, l’artiste se concentrera davantage sur la peinture, un autre de ses talents. On ne l’entendra plus que de façon sporadique. En 1993, le temps du single “Out There Doing Wrong” puis en 2010 avec l’album “Come And Get It” encore produit par Paul Laurence.

Un artiste à part, une star du funk, inoubliable.

“What’s Going On”, un titre mythique de Marvin Gaye

“What’s Going On”, un titre mythique de Marvin Gaye, est sorti en janvier 1971 sur le label Tamla, une filiale de la Motown. La chanson est inspirée par des brutalités policières dont fut témoin Renaldo Benson, membre des Four Tops, co-auteur du titre avec Al Cleveland et Marvin Gaye. What’s Going On marque une rupture dans la carrière de Marvin Gaye, qui se détache alors du son Motown traditionnel pour développer un style plus personnel. Marvin Gaye se chargea de la production du morceau. Lorsqu’il le présenta pour la première fois à Berry Gordy, le big boss de la Motown, celui-ci lui déclara qu’il s’agissait de la pire chose qu’il avait jamais entendue et il refusa de sortir le morceau. En réponse à ce refus, Marvin Gaye le menaça de ne plus rien enregistrer jusqu’à ce qu’il cède. C’est le vice-président en charge des ventes de la Motown qui orchestra discrètement la sortie, sans que Berry Gordy ne soit au courant. What’s Going On devint un énorme tube, atteignant les sommets du Billboard R&B. Ecoulé à plus de 2 millions d’exemplaires, What’s Going On fut le succès le plus fulgurant de la Motown à cette époque. Ce qui obligea Berry Gordy à autoriser Marvin Gaye à produire sa musique, comme il l’entendait. Jusqu’à ce que Marvin Gaye quitte définitivement la Motown, au début des années 80. Mais c’est une autre histoire…

THE WHISPERS ROCK STEADY

The Whispers est un groupe américain de Los Angeles, en Californie, qui a enregistré des tubes depuis la fin des années 1960. Les Whispers ont été intronisés au Vocal Group Hall of Fame en 2003 et ont remporté le prix Pioneer de la Rhythm and Blues Foundation en 2008. Par un vote populaire, le groupe a été intronisé au SoulMusic Hall Of Fame sur SoulMusic.com en décembre 2012, et The Official R&B Music Hall of Fame en 2014.

CAMEO : Funk Icone

Aujourd’hui, le groupe tourne encore de façon très épisodique. Il existe depuis presque quarante ans, une institution. Mais leur nom et leur musique n’ont pas traversé le temps et pour les nouvelles générations, Cameo ne signifie plus rien. Pourtant, c’est une formation majeure entre le milieu des années 70 et le début des années 90. Une formation samplée de nombreuses fois par les rappers, voir 2pac en 1996, entre autres. Une formation qui a également produit d’autres artistes comme Bobby Brown, par exemple. Retour sur la carrière du groupe de Larry Blackmon, au son et à l’identité unique. Il faudra du temps à Cameo pour connaître le succès outre-atlantique, du temps pour enregistrer des succès commerciaux. Crée en 1974 à New-York, Cameo va passer des années à tourner aux Etats-Unis, de grandes villes en petites bourgades, dans tous les états avant de se sentir bien en studio. Larry Blackmon, bassiste, batteur et chanteur forme Cameo après ses études à la prestigieuse “Juilliard School” de New-York. Au départ le groupe compte pas moins de treize membres et leur nom est “The New York City Players”. Beaucoup d’humour, aucune barrière musicale, une forte présence scénique font de Cameo un groupe comparable à Parliament / Funkadelic. Leur premier album, “Cardiac Arrest, voit le jour en 1977. Trois titres font forte impression (“Rigor Mortis”, “Funk Funk” et “Post Mortem”) et ils attirent vite l’attention de groupes confirmés comme les Ohio Players, par exemple. A cette époque, ils jouent un funk pure, acoustique très fort techniquement. Quelques succès singles mais pas de gros succès album. Il faut attendre la période 1980-1983 pour assister à la réussite de leurs albums. A cette époque, le nom commence à circuler en France chez les initiés. Les albums «Cameosis”, “Feel Me”, “Knights Of The Soundtable”, “Alligator Woman”, et “Style” en font le premier groupe de funk des deux côtés de l’Atlantique et pour longtemps. Sur la période, Larry Blackmon, en homme d’affaires avisé crée son label baptisé “Atlanta Artists”. Sur la période, le groupe passe de treize à quatre membres. Désormais, Cameo sera composé de Tomi Jenkins, Nathan Leftenant, Charlie Singleton et Larry Blackmon. C’est avec cette structure que ce groupe désormais très populaire entre dans sa période la plus faste commercialement. En 1985, l’album “Single Life” sert de laboratoire à l’album suivant, point culminant de leur carrière. En effet, “Word up” sera l’un des plus gros succès de l’année 1986. “Word up”, “Candy” et “Back And Forth” sont sur toutes les radios et dans toutes les discothèques, aux USA et en Europe. Une tournée internationale s’en suit avec un passage par le Zénith de Paris pour un concert mémorable. Cette réussite, Cameo la doit à un sens aigu de l’innovation et des nouvelles technologies. Le Cameo de 1986 n’a plus rien à voir avec celui de la fin des 70’s. Les boites à rythmes et le hip-hop sont allègrement utilisés mais sans jamais oublier la batterie acoustique ni les sons de bass si chers aux coeurs des fans de la première heure. Le point commun entre les deux périodes : La voix si charismatique de Larry Blackmon et de somptueuses ballades Parfois un succès très rapide est suivi d’une chute très rapide. C’est exactement ce qui arrive à Cameo. Malgré ce succès mondial, les albums suivants auront peu de succès. Les textes de Cameo sont de plus en plus politisés et engagés et leur musique va peut être un peu trop loin dans l’experimentation. “Real Men Wear Black ” et “Machismo” passent inaperçu auprès du grand public. Pourtant le titre “In The Night” enregistré avec Maceo Parker et Miles Davis est une perle. Mais Maceo lui-même me dira en interview : “Ah bon ! Vous avez aimé ça ! ? J’avais oublié cet enregistrement !”. La preuve que Cameo retourne dans l’obscurité suivi uniquement par les amateurs de funk pur et dur. Et puis l’arrivée de Teddy Riley et du style “new-jack swing” n’arrange rien. Le groupe ne reviendra jamais sur le devant de la scène. Les albums “Emotional Violence” et “In The Face Of Funk” de 1991 et 1994 seront les derniers à presenter un peu d’interêt. Larry Blackmon devient vice-president de Warner et directeur artistique. Leur dernier enregistrement notable date de 2003. Cette année là, ils enregistrent le titre “Love Junkee” avec J Dilla sur l’album de notre français DJ Cam, une réussite. Comme producteurs, on leur doit les albums de Bobbi Brown, Barbara Mitchell et Cashflow, entre autres. Ce dernier étant sûrement le plus réussi. Aujourd’hui, il reste de Cameo de superbes lignes de bass, des riffs de guitares assassins, une qualité vocale excellente et la personnalité charismatique de Larry Blackmon. Word up !

B.B. & Q. Band

En fait, tout commence lorsque le guitariste Doc Powell et le bassiste Paris Ford rencontrent Jacques Fred Petrus qui a déjà lancé les groupes “Change” et “High Fashion“.

Petrus demande à Ford de recruter des musiciens pour interpreter des titres qu’il a écrit. L’équipe d’origine sera composée de Ford (bass), Mauro Malavasi (claviers, piano), Paolo Gianolio (guitares), Terry Silverlight (batterie), Kevin Nance (claviers) et Ike Floyd (chant). Comme le groupe “Change”, c’est une réunion de musiciens new-yorkais et européens. Premier album et premier gros succès international avec le titre “On The Beat”. Luther Vandross est dans les choeurs. La chanson connaît un immense succès à sa sortie en radios et en clubs mais également une longévité exceptionnelle. On retrouve des années durant “On The Beat” sur des compilations et dans les discothèques. 1982, deuxième album et changement d’équipe. Floyd est remplacé par Kevin Robinson au chant. La chanteuse Tawatha Agee (membre du groupe Mtum) et Timmy Allen (membre du groupe “Change”) font leur entrée. Le titre phare de cet album pour les amateurs de funk est “Imagination”. La ligne de bass de Timmy Allen impressionne fortement le public, tout comme le son “electro-funk” de l’album, avant-gardiste à cette époque. Timmy Allen est pour beaucoup dans la conception de cet album. Mais aucun hit significatif. Déjà, B.B. & Q Band se retrouve dans l’ombre de “Change”. L’album suivant, sorti en 1983, sera le pire de leur parcours. Petrus se concentre beaucoup plus sur “Change” et “High Fashion”. Même si “Keep It Hot” et “Stay” sont à la hauteur des attentes du public, l’ensemble est assez fade et l’album trop court en temps. La maison de disques les remercie gentiment. 1985 sera l’année de leur oeuvre majeur. L’album “Genie” est aussi une oeuvre incontournable dans l’histoire du funk. Certains titres seront repris dix ans plus tard (voir Jeff Redd avec “dreamer”) et les Daft Punk sampleront des parties de cet album. Le succès de “Genie” doit beaucoup au producteur Kae Williams qui assure l’ensemble de la production. Il doit également beaucoup au chanteur Curtis Hairston dont le timbre de voix colle parfaitement aux rythmiques et aux mélodies. Kae Williams s’occupera ensuite de l’album solo de Curtis Hairston. Si les titres “Dreamer”, “Genie  et “Main Attraction” rencontrent le succès, l’oeuvre n’en reste pas moins une réussite communautaire. Jamais le grand public n’aura connaissance de sa sortie. Mais dans l’histoire du funk, c’est une oeuvre majeure. Après, décès de Jacques Fred Petrus et fin de l’aventure.
https://youtu.be/kojjAC31BIk

SLY & FAMILY STONE

Cette formation s’est évertuée à casser les barrières entre les genres, les races, les classes sociales avec sa musique.

Mené par Sly Stone, le groupe était formé de blancs et de noirs, d’hommes et de femmes. Révolutionnaire dans cette époque trouble des années 1960. Les textes délivrent de sérieux messages sociaux et politiques. Avant lui, à l’exception de James Brown, très rares sont les artistes noirs engagés à ce niveau. Après lui, cette attitude deviendra une tradition dans les musiques soul, funk et surtout hip-hop. Avec James Brown, Sly & the family stone ont réussi l’exploit de rendre populaire un funk authentique et très africanisé à un très large public. Il faut dire que leurs arrangements étaient ingénieux, les chants surprenants, les rythmes étaient syncopés et invitaient à la fête et à la danse. Les cuivres ajoutaient une note à cet esprit festif tandis que les mélodies efficaces se retenaient rapidement. Pas étonnant que leur musique ait eu une influence majeur par la suite.

 

Avec la fin des années 1960 s’achèvent les rêves et autres illusions. Sly voit s’écrouler les idéaux transmis dans sa musique. Commence alors l’addiction à la drogue…Le tempo de la  musique de Sly & the family stone devient plus lent et plus sombre. Le point culminant de cette tendance est le “There’s A Riot Going On” qui met en place les bases du funk des années 1970 : Génial et omniprésente bass de Larry Graham, chants en avant et textes militants pour le “Black Power”. Le “Fresh” de 1973 sera la dernière preuve éclatante du génie de Sly Stone. Les bases d’un nouveau genre de funk sont là et celle du hip-hop des années 1990 également. Ensuite, il glisse de plus en plus dans les drogues. Il ne reviendra jamais, malheureusement. Sly Stone, de son vrai nom Sylvester Stewart, est né en 1944 au Texas. Il s’installe avec sa famille à San Francisco dans les années 1950. Son intérêt pour la musique est précoce. Son premier succès est local. Il a 16 ans et il l’obtient avec une chanson intitulée “Long Time Away”. Il étudie l’écriture, la composition et la trompette au début des années 1960. Dans le même temps, il commence à jouer avec son frère Fred dans différents groupes de la ville. Il devient DJ dans des radios. Ce job lui permettra d’entrer dans le label “Autumn Records”. Là, il joue aux côtés de The Beau Brummels, the great society, Bobby Freeman et The Mojo Men, artistes obscures dont le succès sera limité à la région de San Francisco. En 1966, Sly forme “The Stoners” dont la trompettiste est Cynthia Robinson. Ensemble, ils deviennent le noyau dur de “Sly & the family stone” formé début 1967 avec Fred Steward le frangin (guitare, chant), Larry Graham Jr (bass, chant), Greg Errico (batterie), Jerry Martini (saxophone) et Rosie Stone (piano). La musique, aussi éclectique que la composition raciale, marque leur différence avec les nombreux groupes de la génération “Flower Power”. “I Ain’t Got Nobody”, premier single, est un succès local sur le label “Loastone”. Succès assez important pour attirer les gens du label “Epic”. “A Whole New Thing”, album de leurs débuts voit le jour fin 1967. Flop ! Mais le suivant, “Dance To The Music” avec la chanson du même nom les propulse dans les dix meilleures ventes nationales. La chanson sera reprise de nombreuses fois les décennies suivantes. C’est un classique de la musique funk. La chanson “Everyday People” suit avec la même réussite fin 1968. Un autre classique qui ouvre une voie royale à l’album “Stand” de 1969. Les rappers de la formation “Arrested Development” se souviendront de la chanson au début des années 1990…

“Stand” et les titres “Everyday People”, “Sing A Simple Song”, “Stand” et “I Want To Take You Higher” est l’oeuvre majeur de leur courte carrière. Il se classera N°13 des ventes album et restera classé pendant…100 semaines ! L’album révèle l’engagement politique fort de Sly (“Don’t Call Me Nigger, Whitey”) et des improvisations funk aussi pures qu’un “Sex Machine” de James Brown. Family Stone est vite considéré comme un des meilleurs groupes de scènes. Leur performance à Woodstock sera une des plus marquantes de ce mythique festival. En 1970, les singles “Hot Fun In The Summertime” et “Thank You (falettinme be mice elf agin)” sont respectivement N°2 et N°1 des ventes. Janet Jackson utilisera ce dernier vingt ans plus tard dans sa chanson “Rhythm Nation”. En 1970, leur popularité est au top.

Mais derrière la scène, Sly glisse de plus en plus vers un dangereux niveau d’addiction. Quand il n’arrive pas en retard, il ne vient pas du tout au concert. Ses problèmes personnels prennent le dessus sur son métier. La lente mort du mouvement pour les droits civiques, l’affaiblissement des luttes sociales et politiques dans le pays, tout cela transpire dans “There’s A Riot Going On”. En 1971, l’album n’est pas N°1 à sa sortie. L’oeuvre est sombre, parano et le public s’éloigne peu à peu. Néanmoins, la chanson “Family Affair” connait un succès considérable. Autre classique de leur repertoire repris de nombreuses fois les décennies suivantes. Ce sera leur dernier N°1 en single. 1972 est l’année de la fin. Errico et Graham quittent le groupe, remplacés par Rusty Allen et Andy Newmark. L’album “Fresh”, plus léger, connait un succès moindre en 1973. Avec le recul, on s’aperçoit que c’est un opus très réussi l’image de la chanson “If You Want Me To Stay”. “Small Talk” et “High On You” attesteront de la fin de la grande période populaire des Sly & Family Stone.

A la fin des années 1970, le disco emporte tout sur son passage et Sly ne s’adaptera pas. Son goût pour la cocaïne, les problèmes de santé inhérents et les soucis avec la loi auront raison de son succès et de son contrat avec Epic. Stone signe avec Warner pour “Back On The Right Track” enregistré avec quelques membres d’origine du Family Stone. Echec commercial. Finalement, il rejoint George Clinton et “Funkadelic” pour l’album “The Electric Spanking Of War Babies”. Il tourne avec Clinton et le “P-Funk All Stars” ainsi qu’avec Bobby Womack. En 1983, son album “Ain’t But The One Way” passe inaperçu et il est encore arrêté pour possession et consommation de cocaïne. Son dernier enregistrement notable a lieu en 1986 sur l’album du guitariste Jesse Johnson. Leur duo “Crazay” plaît à la nouvelle génération funk. Un an plus tard, il chante avec Martha Davis un honnête “Love & Affection “pour la B.O. du film “Soul Man”.

Finalement, la période forte de son parcours ne couvre que quatre années. Le temps suffisant pour marquer en profondeur la musique et pour signer des classiques qui seront repris par les générations suivantes.
https://youtu.be/UMzLKSgNki4