LES STARS DES ANNÉES 70, LES POCHES REVIENNENT À “WORK IT OUT”

Themusicofmyheart se souvient sans aucun doute du groupe funky basé à Baltimore, The Pockets. Aidé par Earth Wind & Fire, le groupe de huit musiciens a été signé par Columbia Records au milieu des années 70 et a publié un album produit par Verdine White qui a produit le top 20 des tubes «Come Go With Me» en 1977.

Après deux autres albums forts, The Pockets s’est dissous, mais les fans de soul et de funk des années 70 se sont souvenus. Une version reconstituée du groupe, dirigée par les frères Greg et Gary Grainger, a vu le jour il y a cinq ans et a commencé à se produire dans le monde entier.

Maintenant, nous sommes ravis que The Pockets soit de nouveau enregistré. En collaboration avec le mixmaster Dave Lee, le groupe a publié «Work It Out», un numéro de danse qui trouve que le groupe sonne fantastique, livrant un numéro qui fait bouger nos sièges, ainsi qu’un message positif sur la résolution de problèmes lorsque les temps sont durs.

Découvrez «Work It Out» ci-dessous, et rejoignez-nous pour accueillir à nouveau The Pockets!

ARETHA FRANKLIN ET JAMES BALDWIN : DEUX FIGURES AMÉRICAINES TOUJOURS ACTUELLES

Chanteuse de gospel, de rhythm’n’blues, pianiste, auteure, Aretha Franklin est l’inoubliable icône de l’âge d’or de la soul. En six albums parus entre 1967 et 1969, elle a redéfini le son de la musique noire lui donnant le souffle de la liberté. Née en pleine Seconde Guerre mondiale sur les rives du Mississippi, c’est à Détroit qu’elle s’épanouira, sous les ordres d’un père prêcheur star et d’une religion baptiste à laquelle elle sera toujours restée fidèle. Voilà le portrait d’une “natural woman” devenue l’indétrônable reine de la Soul.

Enfant de Detroit, Aretha Franklin est la fille du pasteur C. L. Franklin, que côtoyaient des figures comme Martin Luther King et de nombreux artistes de jazz. Elle a appris la musique à l’école du gospel et du sermon, en reprenant les codes et la dramaturgie dans son propre jeu de scène.

Aretha Franklin grandit sous cette figure tutélaire qu’est celle de son père, qu’on appelle “The man with the million dollar voice”, […] un pasteur et un showman; […] elle hérite de lui cette façon de pouvoir mener une assistance mais est aussi assez écrasée par cette figure.
(France Swimberge)

Mais la reine de la soul s’est d’abord frottée au blues, ayant connu des débuts difficiles : à 14 ans, un premier album chez Columbia Records – qui lui fait chanter des standards de jazz dépourvus d’originalité-, un enfant aussi, et des conditions de vie difficiles. Puis vient le succès : repérée par Jerry Wexler, producteur d’Atlantic Records, inventeur du concept de “Rhythm and blues“, elle reprend la chanson “RESPECT” de Ottis Redding, à sa sauce. Le titre devient un hymne féministe, mais pas que. Aretha Franklin parle à tous les opprimés en mal de libération et s’élève en icône de l’émancipation. Ses funérailles sont suivies par tout Detroit, ville où les émeutes de 1967 avaient été les plus dures. Detroit, la ville qui vit grandir la reine de la soul, et où elle avait choisi de finir ses jours.

[La chanson “RESPECT”] va devenir le mantra de toute une Amérique qui a envie de rupture avec son histoire.
(France Swimberge)

Pour en parler, France Swimberge, réalisatrice du documentaire Aretha Franklin, Soul Sister. Il sera diffusé pour la première fois le 4 septembre à 22h25 sur Arte. A ses côtés, Gérard Cogez, professeur de littérature à l’université de Lille. Lui, a consacré divers travaux à James Baldwin. Dernière publication en date, sa traduction de la pièce de théâtre Blues pour l’homme blanc de Baldwin, à paraître le 27 août 2020 aux éditions Zones/La Découverte.

Avec lui, nous revenons sur le parcours du grand écrivain : James Baldwin est né et a grandi dans la misère à Harlem. Grand auteur des droits civiques (La Conversion (1953), La Chambre de Giovanni (1956), qui narre un amour homosexuel à Paris…) il est aussi grand orateur et défend les droits des Noirs dans les universités et sur les plateaux de télévision.

La criminalisation des victimes est une constante du discours raciste.

Après la mort de Martin Luther King et de Malcolm X, il choisit de vivre en France et reçoit chez lui de grandes figures du jazz et de la littérature, de Ray Charles à la future prix Nobel de littérature Toni Morrison, en passant par Marguerite Yourcenar, qui traduit même l’une de ses pièces, Le Coin des Amen.

Les Etats-Unis, contrairement a ce qui est véhiculé, ne sont pas une nation banche, mais une nation où il y a des gens qui se croient blancs, dit Baldwin, et des gens qui sont obligés de penser qu’ils sont noirs mais qui, au fond, auraient très bien pu se passer de cette caractéristique de leur identité. Baldwin a souvent dit que, jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans, il ne savait pas qu’il était noir. Il a dû s’en convaincre parce que c’est l’image qu’on lui a donnée.
(Gérard Cogez)

Après l’élection de Barack Obama et avec le mouvement Black Lives Matter, son oeuvre connaît un regain d’intérêt dont témoigne la sortie de I Am Not Your Negro, un documentaire nommé aux Oscars en 2017 et qui se base sur ses textes. Une oeuvre toujours d’actualité, alors qu’une bavure policière a mené Jacob Blake, cet Afro-américain de 29 ans grièvement blessé par des tirs de policiers dimanche, vers une probable paralysie à vie.

Selon Baldwin, pour qu’un homme éprouve le besoin de tenir en respect une femme a terre en lui appliquant un aiguillon a bestiau sur le coup, il faut que quelque chose de terrible soit arrivé a cet homme.

LISA SIMONE, UN DESTIN SINGULIER

 

Rencontrée lors de la 25e édition du Festival Rio Loco à Toulouse, dans le sud de la France, Lisa Simone dévoilait alors le premier extrait de son album à venir, le titre Right Now.

Fille de la mythique jazzwoman Nina Simone (et d’Andrew Stroud), Lisa Simone s’engagea d’abord dans l’US Air Force. Après la guerre en Irak, elle s’orienta vers la musique et fut entre autres, meneuse de revues à Broadway sur de nombreuses comédies musicales (Aida/Le Roi Lion etc.).

Aujourd’hui, Lisa Simone assume et revendique pleinement son statut de chanteuse. Héritage, transmission et partage, c’est tout cela qui habite Lisa Simone.

La chanteuse nous a offert ce titre, Right Now, en version acoustique au côté du guitariste togolais Amen Viana.

AUX SOURCES DU FUNK : LA SUEUR, LES LARMES ET LE GROOVE DE L’AMÉRIQUE NOIRE

Programmation musicale et archives

  • Archive pré-générique : Angela Davis : We’re threatening the oppressors (1971), réédité sur la compilation Groove revolution (2015)
  • Parliament : P. Funk (wants to get funked up), album Mothership connection (1975) – fond sonore –
  • Parliament : Give up the funk (tear the roof off the sucker), album Mothership connection (1975)
  • Horace Silver Trio : Opus de funk (1952) réédité sur la compilation Roots of funk 1947/1962 – fond sonore –
  • Dyke and the Blazers : Funky Broadway, part 1 (1968) réédité sur la compilation Soul shots (1988) – fond sonore –
  • Fatback Band : Mister bass man de l’album Keep On Steppin’ (1974)
  • James Brown and The Famous Flames : Please, please, please (1956) – fond sonore –
  • James Brown : Papa’s got a brand new bag, Parts 1, 2 & 3 , version originale du morceau de 1965 édité sur la compilation Star time : Mr. Dynamite (1991)
  • Archive : l’émigration des Noirs vers les grandes métropoles, extrait de “Vingt millions d’Américains noirs : Atlanta et Los Angeles” in Cinq colonnes à la Une, ORTF, 04/08/1967 ORTF (reportage de Michel Parbot)
  • The Sensational harmonizers : He never lost a battle (1981) –  fond sonore –
  • Speaker : Introduction to James Brown sur la scène de l’Apollo Theatre de Harlem, le 25/06/67
  • James Brown : Cold sweat, live at the Apollo (juin 1967)
  • Archive : extrait du reportage “Harlem au printemps” réalisé par François Chalais et diffusé dans l’émission Panorama, 26/05/1967
  • Joe Tex : I believe i’m gonna make it (1966) réédité sur la compilation A soldier’s sad story / Vietnam through the eyes of black America 1966-73 (2003)
  • Edwin Starr : Stop the war now (1970) réédité sur la compilation A soldier’s sad story… (déjà citée)
  • Archive : la guerre vue par de jeunes Noirs d’Atlanta, extrait de “Vingt millions d’Américains noirs : Atlanta et Los Angeles” in Cinq colonnes à la Une (déjà cité)
  • Carla Whitney : War (1975) réédité sur la compilation A soldier’s sad story… (déjà citée)
  • Archive : émeutes à Chicago, Actualités françaises, 18/7/1966
  • Sly & the Family Stone : Underdog, de l’album A whole new thing (1967)
  • Sly & the Family Stone : Everyday people (single, 1968, puis incorporé à l’album Stand, 1969) – fond sonore –
  • Archive : annonce de la mort de Martin Luther King, France Inter, 17/4/68
  • Marva Whitney : I’m tired, I’m tired, I’m tired (things better change before it’s too late) (1968), repris sur la compilation James Brown’s original funky divas (1998)
  • Archive : exclusion de Smith et Carlos des JO de Mexico, France Inter, 18/10/1968
  • Thomas Rufus : Do the funky chicken (1969)
  • Archive : Les Afro-Américains et le capitalisme selon Romain Gary, France Culture, émission Paradoxes, 9/6/1970
  • Funkadelic : Can you get to that, album Maggot brain (1971)
  • The J.B.’s : Gimme some more (1971) réédité sur la compilation James Brown’s funky people (1986) – fond sonore –
  • Betty Davis : They say I’m different, de l’album du même nom (1974 )

LEE FIELDS, KING OF SOUL

Lee Fields a commencé à chanter adolescent, dans l’église de son quartier, en Caroline du Sud. Aujourd’hui, il constitue l’un des derniers de la génération _soul_qui a fasciné les années 60 et 70. Celui qu’on surnommait “Little James Brown” revient avec sa formation, “The Expressions”, pour leur cinquième album intitulé “It Rains Love”.

La musique peut être quelque chose qui est un remède, qui soigne, qui apaise et qui nous permet en tant que collectif humain de revenir à la raison, de revenir à une pensée claire, pour que ce qui pourrait être notre sort funeste ne se produise pas.
(Lee Fields)

D’une voix à l’expressivité unique, le soulman chante les thèmes qui l’ont toujours porté : l’amour entre les hommes, la foi. En ceci il exprime le lien fondamental qui relie la musique soul au gospel, deux genres musicaux éternels selon lui. Le chant constitue dès lors la possibilité de renouer avec la spiritualité, avec une confiance dans l’avenir que Lee Fields exprime comme nul autre. Il rend également hommage à ceux qui furent ses maîtres, d’Otis Redding à Sam Cooke.

Je crois que les mots de Dieu seront les plus forts, et même si actuellement le monde sombre, je suis optimiste, on dépassera ça, on dépassera toutes nos souffrances.

Partenaire:  FRANCE INTER